


Mon amour de Madrid
Cette ville est un autre univers, où les rythmes et les attitudes se bousculent comme dans une danse latine : le jour est court, les nuits sont longues, les garçons sont chauds comme des braises et résistants comme des toreros. Moins snob que Barcelone, moins banale que Sitgès, moins pétasse qu’Ibiza, welcome to Madrid. Ici, les hommes vont dans la rue gay pour se trouver de quoi nicker : le quartier ressemblerait au Marais parisien s’il n’avait pas été « rénové », ici, les rues sont vieilles et l’éclat des peaux claires des madrilènes n’en ressort que mieux. Ils aiment, les bars, la bière et les bites, peu importe l’emballage. N’aligner, dans un quartier gay, que des boutiques de fringue, serait faire injure à leur comportement éminemment sensitif, primitif au sens noble du terme. Jouisseurs, ils sont comme ça. Il te fourre leurs prunes dans leur gueule, ils sniffent tout ce qu’ils peuvent sans penser aux lendemains et pour la plupart, ils prennent encore la capote pour une représentation étrange du chic français. Enfin, si ça vous tente, vous serez prévenus. Ils sont littéralement assoiffés de sexe et le moindre mot en français les fait triquer. Notre réputation est au sommet de la hiérarchie en matière de sexe et c’est tant mieux. D’ailleurs le portier du bordel le mieux fourni en bites et en culs poilus sourit à l’arrivée d’un français. Quand au barman, aussi large que haut, musclé sec, il a l’habitude de venir sucer les français dans les chiottes, c’est arrivé à trois de me potes et à moi, donc, ça doit être son trip. Enfin, c’est comme tout les bars cuirs au niveau décor, on a pas encore demandé à Paul Smith d’en designer un : un faux chantier, des couloirs minuscules, un sling. C’est tout de même assez petit, mais ça permet de mieux passer d’un trou à un autre. Celui que je repère après avoir donné ma tige à téter au gamin du bar, c’est un bel hidalgo qui se la joue. Une voix autoritaire et rocailleuse, une coiffure de chanteur des années 30, du lissé vers l’arrière, des jambes fines moulées dans un fut de cuir fin avec des rayures rouges sur le côté, un gilet de cuir façon pompier : bref, le petit frimeur avec sa panoplie. Qui bien sûr ne daigne pas me jeter le moindre coup d’œil. Ma queue se gonfle, j’adore qu’on me résiste. Et vous allez voir qu’on peut parfois prendre ce qu’on vous refuse au premier abord. Je le fixe depuis quinze minutes, il le sait et il fait semblant de regarder le décor alors que visiblement il habite ici toutes les nuits. Dès qu’il se lève, je monte le smarches derrière lui et je le suis au fond dans la travée. Il tourne sur la droite, moi aussi, et je lui attrape les fesses, il me repousse assez violemment avec un juron espagnol. Une pétasse indignée, pas de problème : je dézippe le slibard et laisse quelques têteurs se régaler, jouer à deux sur le gland, suçoter les boules et même nettoyer un peu le derche. L’hidalgo se ballade. Une bonne heure se passe, on a largement passé les minuit, je sais que ça ferme à deux heures. Il parle à personne, je continue à le fixer. Il finit par sourire. Dès qu’il se relève, je lui emboîte le pas et je le suis vers les toilettes : sur les quelques mètres qui nous séparent des chiottes, j’ai ouvert ma braguette, je sais qu’il doit se sentir en manque, y’a des petites salopes comme ça qui font toujours les difficiles quand elles arrivent et qui sucent le premier venue quand l’ambiance leur a un peu chauffé la tête. Ma bite bande à moitié, je file un sérieux coup de pied dans la porte et lui tend mon flacon de délicieux poppers londonien. Une lueur dans ses yeux, il sniffe et sort sa tige. Bel engin, queue longue, fine, veinée, entourée de poils couleur cirage luisant, hanches étroites et fesses…invisibles puisqu’il ne baisse que la moitié de son slibard de petite truie qui résiste. Qu’à cela ne tienne, je me penche, je l’avale, je le laisse me faire croire qu’il va commander et je le doigte. Résistance terrible, il vire ma main et me demande en espagnol de le pomper. J’avale avec frénésie, je hume cette odeur qui traîne dans les poils, je lui refourgue du pops dans les narines : il a les yeux fermés, je me mets du lubrifiant sur les doigts et dès qu’il a sniffé, je lui les fourgue au cul. Il gueule comme un cochon qui craint de devenir jambon, mais il cède son trou. Dès que c’est fait, il geint, et vient me sucer, le cul assis sur les chiottes. Une pipe de reine, je dois dire. Il aspire le bout du gland dans un embout qu’il fait avec ses lèvres, il serre un peu et il avance la gorge, direction les amygdales. J’imagine son trou graissé qui doit lentement s’ouvrir sous le coup du désir, je vois ses yeux fermés de bon petit pompeur avide, je sens que là, il serait prêt à payer pour continuer à la garder en bouche. Je la retire pour l’énerver, son regard mendie, je me fous de sa gueule, je me recule, il m’agrippe l’arrière des cuisses pour revenir se faire forer la glotte. Il pompe même en fond de gorge, l’apnée totale, pendant une bonne vingtaine de secondes, il grogne, sa tête de bellâtre ruisselle sous la sueur, il se torture la gueule pour me faire crier. C’est un délice. Je glisse ma main entre le cuir noir gainé de rouge de son gilet, je malaxe ses tétons doucement, il se tord sans m’arrêter. Ma main descend la courbe de son dos rond et lui flatter la fion, il lève ses hanches, comme une jument qui fait sa ruade, pour installer son cul à la hauteur de ma main. Ma propre bite semble flattée de cette envie exprimée avec tant de vigueur, j’ai à peine le temps de réagir et de fouiller dans ma poche pour trouver un préso qu’il vient se ventouser dessus d’un coup de rein plus qu’expert. Il me scotche au mur, il se baise lui même, ma bite glisse et reglisse sans que je ne puisse bouger les hanches. Moi qui aime exprimer ma poigne, me voilà presque frustré. Mais il ne se touche même pas la bite, c’est pas un fragile de la prostate qui largue sa jute tout de suite. Lui, il veut se faire piner longtemps. L’odeur de pisse me monte à la tête, je lui propose, en mimant, le sling, qui était libre. Il sourit, ça doit vouloir dire oui. Dès qu’on sort, des mains palpent ma bite dressée, lui court presque vers le sling, le fut sur les pompes, le pourtour graisseux de son fion lui dans l’obscurité. Je me rebranle un peu sur le trajet qui doit faire cinq mètres, il saute sur la balancelle, attrape mon poppers dans la poche de ma chemise, sniffe et sourit béatement, ravi de se voir prêt à être fourré. Je rentre dedans comme une brute, mes couilles rasées cognent sur sa raie poilue, quelqu’un a la bonne idée de lui bloquer les mains. Je peux limer à mon aise, ma bite me paraît de moins en moins serrée dans ce fourreau de putasse, alors je claque sur les cuisses, bien fort, et je lis dans ses yeux la douce lueur de reconnaissance. Sa chatte resserrée avale mon manche, il est parcouru d’un long tremblement et de la jute épaisse vient se perdre dans ses poils. Je mêle les filaments laiteux à sa toison. Comme il a joui, ses boyaux sont repassés en mode serré et je dois pas pousser des masses pour vidanger à mon tour. Il essaie de dire trois mots en français, pour savoir combien de temps je reste. T’as de la chance, hidalgo, il reste trois jours à ton trou pour se faire casser par mon braquemart. Trois jours, où il s’est fait enfilé comme une danseuse de sévillane, en souriant sans cesse. Ah, avant que j’oublie je vous donne quand même les noms. Le bar s’appelle le Eagle et le mec s’appelle Miguel, et il porte un piercing de laiton aux couleurs du drapeau gay. Rentrez-y, de ma part, l’accès est facile…

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